Un blog classé politique dont l'auteur aurait préféré une catégorisation "sociologique" et qui veut tenter de réfléchir au temps présent avec sévérité et humour.
« ... Le fait de puiser constamment dans les ressources naturelles n'est pas sans incidence sur l'histoire. Il est même, à long terme, l'évènement le plus important du destin de l'humanité. Par exemple, c'est en raison du caractère irrévocable de la dégradation entropique de la matière-énergie que les peuples originaires des steppes asiatiques, dont l'économie était fondée sur l'élevage du mouton, commencèrent leur grande migration au début du premier millénaire de notre ère. De même, la pression à laquelle étaient soumises les ressources naturelles a joué, sans aucun doute, un rôle dans d'autres migrations, y compris celle des Européens vers le Nouveau Monde. Il est possible que les efforts prodigieux pour atteindre la Lune correspondent aussi à l'espoir plus ou moins conscient de trouver accès à des sources nouvelles de basse entropie [*].
Nicholas Georgescu-Roegen - La Décroissance, Entropie-écologie-économie - Editions Ellébore - Sang de la Terre, 2006, Page 73.
La première édition de ce livre date de 1971, première traduction française en 1979 ; une édition un peu plus ancienne est disponible sur un site Internet québécois (213 pages, au prix où sont les cartouches d'encre, j'ai préféré acheter le livre).
Ouvrage un peu difficile mais comportant beaucoup de références. Jacques Attali, alors responsable de la collection « Economie en liberté » des PUF, refusa de le publier au début de 1979 ; l'illustrissime Polytechnicien polygraphe n'avait pas aimé ce qu'il considérait comme une concurrence à un de ses cosmotranscendantaux ouvrages (page 29) ... le livre dut alors être publié en Suisse sous le titre « Demain la décroissance ».
* Une source de basse entropie signifie (approximativement) qu'elle peut fournir beaucoup d'énergie.
BLACKSHEEP !