L’expansion impérialiste avait été déclenchée par une curieuse forme de crise économique, la surproduction de capital et l’apparition d’argent « superflu » résultant d’une épargne excessive qui ne parvenait plus à trouver d’investissement productif à l’intérieur des frontières nationales.
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La décennie précédant l’ère impérialiste, c’est-à-dire les années soixante-dix du siècle dernier, connut une augmentation inouïe des escroqueries, des scandales financiers et de la spéculation sur le marché des valeurs.
Hannah Arendt Les origines du totalitarisme, 2. L’impérialisme - POINTS Essais n° 356, pages 28 et 29.
Cette citation se rapporte aux années 1870 ; souvenez-vous, c’était la guerre franco-prussienne, bientôt la fin du second empire ; 1869, c’est l’inauguration du canal se Suez ; 1880 le début des travaux du canal de Panama ; 1889 le scandale du canal de Panama avec ses députés et autres élus « chéquards » et ses procès, pour donner quelques repères de chronologie.
Ce que Hannah Arendt appelle l’expansion impérialiste est l’ère des colonisations dont elle explique les raisons par la masse de capitaux disponibles dus à la révolution industrielle (machines à vapeur, chemins de fer, mines, sidérurgie, métiers à tisser automatiques, etc …) et incapables de s’employer en Europe.
Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation financière semblable par l’accumulation de capitaux plus ou moins virtuels qui doivent s’employer pour redevenir réels (fiduciaires ou investis) mais il n’y a plus de conquêtes coloniales disponibles au sens de terres vierges.
Il reste cependant plusieurs possibilités : accroître les marchés de biens échangés, consommables ou durables, par une « croissance » forcenée, en particulier en faisant accéder les peuples des pays émergents à la consommation, autrement dit : les fauchés vont travailler pour que l’on puisse vendre aux fauchés. Après les « bulles » de la nouvelle économie (informatique et Internet) et de l’immobilier (subprimes), une bulle énergie et matières premières est en train de se former.
Les « bulles » sont des marchés artificiellement gonflés par un battage médiatique planétaire conduisant à une inflation de certains secteurs (entreprises d’informatique, biens immobiliers) et qui finissent par se dégonfler à un moment inattendu. Par exemple, il est impossible de savoir jusqu’où la bulle énergie va croître, c’est-à-dire à quel moment l’augmentation des prix fera chuter significativement la demande, entraînant une chute brutale de ces prix.
En attendant que nos géniaux économistes trouvent de bonnes idées, ce qui va sans doute demander un certain délai, d’énormes masses financières tournent en rond d’un marché virtuel à l’autre, au risque de nous emporter dans leur tornade : si vous êtes tranquille, c’est que vous êtes inconscient ou vraiment totalement fauché … Quand je constate que j’ai mis cette série dans la rubrique « sourire », je me dis que je suis vraiment un optimiste !
LA VACHE !