Dimanche 25 mai 2008

DDR arrive tranquille : « La terre est tellement vaste qu'on y trouve tout ce qu'on veut. - Tu en es vraiment certain ? - Regarde comme ce bon Claude Allègre est optimiste. - Si tu écoutes ce type, il va te démontrer que, lorsqu'on recule avec une voiture, le réservoir se remplit. - Je me rappelle quand même qu'en DDR, il y avait des petites autos à moteur à ressort pour les gamins qu'il suffisait de faire reculer par terre pour qu'elles repartent en avant : c'était le mouvement perpétuel.

 

 - Ouafff, tu es bien du niveau d'Allègre, tu n'as pas remarqué que tu transmettais de l'énergie mécanique à l'auto en la reculant : c'est comme remonter une horloge ... alors, passons. - Reprenons : tu disais l'autre jour que, pour transformer de la chaleur en travail mécanique, il faut une source chaude et une froide ... tout va bien : les océans sont pleins d'eau chaude, ou du moins tiède. - D'accord, mais où est l'autre source ? - Plus froide ou plus chaude ?

 

 - A ton choix, mais dis moi où tu vas la chercher.  - Ben ...  - Donc inutilisable, sauf peut-être pour refroidir et condenser la vapeur d'une turbine ou d'un diesel de bateau et gagner un millipoil de rendement. - On peut monter une pompe à chaleur qui rejettera de l'eau froide dans l'immense océan ! - Sans doute mais tu vas devoir multiplier les étages de compresseurs pour obtenir de la vapeur ... et puis chaque bateau va traîner sa ligne d'alimentation électrique pour faire fonctionner sa pompe ?

 

 - Pas de problème : on installe des capteurs solaires. - OK, tu m'apportes les plans demain matin : je crains que tu nous construises un Titanic de 50 000 tonnes pour transporter trois passagers ... à l'ombre. - Et le moteur à hydrogène ? - L'électrolyse de l'eau, nécessaire pour séparer l'hydrogène de l'oxygène, demande beaucoup d'énergie électrique. - Pas de problème : il y a le nucléaire ! - Ce n'est pas une énergie renouvelable : les quantités d'uranium extractibles sont limitées.

 

 - Bon, qu'est-ce qu'on fait ? - On se rend compte que, s'il y a des quantités énormes d'énergie sur la terre, très peu sont exploitables, qu'elles soient renouvelables ou non. - Lesquelles ? - En non renouvelable : des gisements de charbon, des poches de pétrole et de gaz, de l'uranium et des sables bitumineux qui vont demander une énergie considérable pour leur traitement. Finalement, ça ne va pas très loin.

 

 - Et en renouvelable ? - De petites « niches » d'eau très chaude en sous-sol profond, les marées, quelques sites où le vent est puissant et régulier, et le reste, surtout le solaire, avec peu de rendement. - Et l'hydraulique, quand même !  - On en a déjà parlé pour dire que tout ce qui était exploitable en quantité était déjà installé. - Et ta pompe à chaleur ? - Je l'ai déjà dit : faible rendement et surtout températures limitées. ». Et DDR est reparti établir ses plans de Titanic renouvelable, mais je doute qu'on en entende reparler.

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                                 SCHWARZER STIER !

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Samedi 24 mai 2008

« ...  "Vivre et mourir devant un miroir", telle était, selon Baudelaire, la devise du dandy. Elle est cohérente, en effet. Le dandy est par fonction un oppositionnel. Il ne se maintient que dans le défi ... Dissipé en tant que personne privée de règle, il sera cohérent en tant que personnage. Mais un personnage suppose un public ; le dandy ne peut se poser qu'en s'opposant. Il ne peut s'assurer de son existence qu'en la retrouvant dans le visage des autres. Les autres sont le miroir. Miroir vite obscurci, il est vrai, car la capacité d'attention de l'homme est limitée ... »

 

Albert Camus - L'homme révolté - Essais, Pléiade, page 462.

 

N'avez-vous pas reconnu le portrait de notre actuel Président ? Alors, puisque vous savez maintenant tout, pourquoi achetez-vous encore des journaux pipoles ... ou politico-pipoles ? Vous perdez votre argent !

 

                                                      BLACKSHEEP !

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Samedi 24 mai 2008

DDR arrive un peu grognon : « - Je sens que ça va encore être casse-tête aujourd'hui. - On va essayer d'arranger ça mais ce n'est effectivement pas très facile. - Et essaie de ne pas utiliser de formules.  - Encore moins facile ; il existe une définition et une formule de l'entropie massique mais elle ne nous aidera pas car il faut considérer l'entropie d'un système.

 

 - C'est quoi, un système ? - Vaste question : disons que c'est un ensemble hétérogène de corps qui interagissent entre eux ; imaginons, par exemple, que je lise dans une pièce froide et bien isolée avec une chaufferette pour tenir mes pieds au chaud. - Petit à petit, la chaufferette va refroidir. - Après avoir réchauffé mes pieds et l'air ambiant : la quantité de chaleur dans la pièce n'aura pas été modifiée.

 

 -Mais la chaufferette ne sert plus à rien. - On dit que l'entropie du système a augmenté. - Les températures se sont égalisées selon le principe absolu qui veut que la chaleur se transfère toujours du corps de plus haute température vers celui qui possède la plus basse. - Au début de l'expérience, il y avait ce qu'on peut appeler un ordre : les composants du système étaient bien différenciés par leur température.

 

- Et à la fin, on peut appeler désordre le fait que toutes les températures soient les mêmes. - Donc, avec ces définitions, l'augmentation de l'entropie correspond à celle du désordre. - Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour ne pas continuer à se geler ? - On va à la cheminée dans la pièce à côté pour remplir la chaufferette de cendres chaudes. - Chouette, et ça continue !

 

 - Oui mais je te signale qu'on a fait un apport extérieur d'énergie sous forme de chaleur  empruntée à la combustion dans la cheminée, augmentant ainsi son entropie. - Il n'y a qu'à aller couper un arbre en forêt. - Tu diminues ainsi la capacité d'énergie de la forêt, donc tu augmentes son entropie. - On n'en sort pas, on va seulement prélever de l'énergie de plus en plus loin.

 

 - C'est tout le problème de la véritable écologie. - Finalement, l'ordre c'est la différence et le désordre l'égalisation. - Tu fais de la politique, maintenant ? - Heu ... - Bon, pour l'instant, on est dans la physique, ne tombons pas dans le travers de nos économistes autoritaires et des pseudo philosophes ringards qui s'emparent d'un concept des sciences de la nature et en font de belles théories fumeuses qu'ils appliquent à tout autre chose.

 

- Et qu'est-ce qu'on ajoute pour notre déprime ? - On rappelle que la chaleur se transmet du plus chaud au plus froid, donc qu'elle se diffuse, se dilue, s'égalise et n'est plus récupérable, même si elle est en quantité constante. - Et qu'elle crée l'effet de serre ! - Pas vraiment : l'effet de serre provient aussi de la combustion, mais par l'intermédiaire des gaz émis, surtout le gaz carbonique, qui se répandent dans l'atmosphère. -Et tu mets quoi au programme demain ? - Toujours l'entropie, mais appliquée à la matière : c'est plus facile car plus visible ! ». Et c'est à nouveau l'heure de se quitter.

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

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Samedi 24 mai 2008

« Ce sont les cerveaux les plus solides de la capitale. Aucun d'eux n'a une seule idée personnelle et si le cas venait à se présenter, je chasserais aussitôt ladite pensée ou son penseur. Ce sont des imbéciles tout à fait inoffensifs, ils n'enseignent que ce qu'il y a dans les programmes. Vraiment, ils n'ont et ne peuvent avoir aucune pensée personnelle. »

 

Witold Gombrowicz - Ferdydurke - Folio, page 57

 

Cette citation décrit le corps professoral de l'école Piorkowski ; elle me paraît s'appliquer pleinement à nos élites et gouvernants d'un passé récent, et pas seulement actuels. Quant à les déclarer tout à fait inoffensifs, on peut simplement dire qu'à défaut d'améliorer les choses, ils sont seulement capables de les empirer, à droite comme à gauche.

 

                                                            BLACKSHEEP !

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Samedi 24 mai 2008

DDR arrive intéressé : « Les moteurs, ça me connaît : avec une lime à ongles, je te règle au poil un carburateur de Trabant ! - Il y a un carburateur, sur cette bagnole ? Je croyais qu'on versait le mélange essence / huile dans les cylindres avec une casserole. - Sois donc poli avec le matériel de la DDR, cette Allemagne de l'Est dont j'ai la nostalgie ! - Bon, si on passait aux choses sérieuses.

 

 - Au fond, c'est quoi, un moteur ? - Un dispositif technique qui transforme de la chaleur en énergie mécanique. - Je vois : on chauffe et ça avance ... mets du charbon et t'occupe pas des signaux ! - Tu ferais bien d'économiser un peu le combustible. - Pourquoi ? - Parce que le charbon et le pétrole ont mis plus de 300 millions d'années à se former et que l'on n'est pas près de retrouver les conditions géologiques et de climat du carbonifère.

 

 - Je vois : c'est encore plus hasardeux que de replanter un arbre !  - Tu as tout compris. - Mais on peut s'en tirer autrement : il y a des voitures électriques. - Tu oublies que l'électricité n'est qu'un moyen de transport d'énergie et qu'elle a été générée par des turbines alimentées par de la vapeur. - Même pour le nucléaire ? - A coup sûr, la fission des atomes produit de la chaleur qui est exploitée sous forme de vapeur.

 

 - Ben ... ce n'est pas moderne ... et l'énergie hydraulique ? - C'est une des possibilités de transformation d'énergie mécanique naturelle : la chute d'eau, en électricité, puis dans les moteurs électriques à nouveau en énergie mécanique. - Ça y est ! On a trouvé la solution ! - Tu oublies que tout ce qui est de grande puissance en Europe a déjà été mis en exploitation et que l'eau a un peu tendance à se raréfier. - Bon, il nous reste le solaire.

 

 - Qui ne va pas nous emmener loin car un moteur n'a un rendement correct que s'il y a une grande différence entre la source chaude et la froide. - C'est quoi, la source chaude ? - La vapeur ou les gaz qui explosent dans un moteur à combustion interne comme dans une voiture. - Et la source froide ? - Généralement l'atmosphère, mais tu auras remarqué que les grandes centrales électriques, nucléaires ou à charbon, comportent de grandes tours qui permettent de refroidir, de "condenser" la vapeur en sortie des turbines.

 

 - Pour que la vapeur soit plus froide en fin de cycle mais ça réchauffe l'eau des rivières que l'on utilise. - Tu vois : on ne fait pas ce qu'on veut de la chaleur. - Et est-ce qu'on peut transformer de l'énergie mécanique en chaleur ? -Oui, par frottement, comme les hommes préhistoriques allumaient le feu avec deux morceaux de bois dur, ou avec un silex : c'est le principe du briquet. - Il faudra que tu nous reparles de tout cela. - Je prépare une histoire des moteurs : il y aura des surprises. ». En attendant, nous nous séparons pour rechercher des sources de chaleur bon marché ... on vous tient au courant !

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                                 SCHWARZER STIER !

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Vendredi 23 mai 2008
Voici une citation que je pique sur un site dont je ne partage pas tous les points de vue : lorsque je renvoie à un site, ce n'est pas de la pub, c'est que j'y ai repéré quelque chose d'intéressant. Elle est du même livre de Norbert Wiener que la citation numéro 3, je vous y renvoie pour la présentation de l'auteur.

« ... l'existence de pays nouveaux favorisa une conduite qui ressemble à celle du Goûter Fou d'Alice au Pays des Merveilles. Quand le thé et les gâteaux furent épuisés devant leur chaise, le Chapelier Fou et le Lièvre de Mars ne trouvèrent rien de plus naturel que de "circuler" et d'occuper la chaise suivante. Quand Alice leur demanda ce qui se produirait lorsqu'ils seraient revenus à leurs places initiales, le Lièvre de Mars changea de conversation. Á ceux qui croyaient que l'histoire passée n'avait pas duré plus de cinq mille ans et qui s'attendaient à ce que le Jugement dernier les atteignît en moins de temps encore, cette politique du Chapelier Fou ne pouvait que sembler très naturelle. Mais le temps a passé et la table à thé des Amériques ne s'est pas montrée inépuisable ; de plus, en fait, la vitesse à laquelle une chaise a été abandonnée pour la suivante s'est accrue à une allure probablement toujours accélérée.

Combien d'entre nous ne voient pas à quel point ces quatre derniers siècles sont une période vraiment exceptionnelle de l'histoire du monde ! C'est en partie le résultat de l'accroissement des communications, mais aussi celui de la maîtrise de la nature. Mais au mieux, nous extrayons du monde le peu que nous laissons : dans cette longue course nous aurons certainement un jour à payer nos dettes ; ce sera sans doute au moment même où cela n'ira pas sans de grands inconvénients pour notre survie ... »

Comme je possède le livre depuis les années soixante, et qu'il est en triste état à force d'avoir été relu, je peux même vous préciser que c'est à la page 55. Cette citation illustre le fait qu'au dix-neuvième siècle, lorsque des ressources étaient épuisées ou difficiles à exploiter, on pouvait avoir recours à des terres vierges ou des biens nouveaux ... cela pourrait bien être terminé ... il n'y a peut-être plus de nouvelles tables.

Elle est à rapprocher d'une citation de Hannah Arendt que j'ai utilisée dans ce billet. Que va-t-on pouvoir faire des capitaux en surnombre ?

                                                                BLACKSHEE
P !
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Jeudi 22 mai 2008

DDR arrive sûr de lui : « J'ai au moins compris une chose : nous sommes en train de passer des idéologies aux compétences. - Oui, et nous examinerons ensuite les désirs. - Des hommes ou des femmes ? - Des êtres humains en général. - Et tu vas nous parler des compétences de tes hommes politiques ? - Pas la peine, ce serait trop bref !

 

 - Je n'aurais pas non plus l'idée de parler de Walter Ulbricht ni de sa clique : tous des fayots recherchant les honneurs. - Et en plus, chez nous, ils ne pensent qu'au fric. - Pour la nation ? - Tu parles ! Pour leur pomme et leurs copains ! - Bon, on n'ira pas loin avec ces gars-là ... mais au fait, tu ne serais pas en train de papoter parce que tu n'es pas fichu de définir l'entropie ?

 

 - Pas du tout : l'entropie est le péché originel de l'ingénieur. - Je sens qu'on va encore parler des Cisterciens. - Pas aujourd'hui, on consacrera un billet à leurs compétences plus tard. - Au fait : explique ! - Sadi Carnot fut un physicien génial qui énonça le premier principe de la thermodynamique. C'est quoi, la thermodynamique ?

 

 - La science des machines transformant de l'énergie en travail mécanique, par exemple des machines à vapeur. - Et qu'en dit-il ? - Selon son premier principe, que la quantité d'énergie dans un système fermé est constante. C'est comme Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.  - Oui mais cela s'applique ici à l'énergie et non à la matière soumise à des transformations chimiques.

 

 - Peu importe, en tout cas, l'énergie est éternelle : remonte le thermostat du chauffage ! - Attends un peu, c'est qu'il y a un second principe. - Qui énonce quoi ? - Pour simplifier, que l'énergie se dégrade : elle est de moins en moins utilisable. - Ce n'est pas clair, ton truc. - Si on revient à notre bûche brûlée de l'autre jour, la combustion ne nous a pas fait perdre de matière.

 

- OK, c'est du Lavoisier, et on a bien insisté avec la locomotive. - Et elle ne nous a pas non plus fait perdre d'énergie. - Chouette ! Qu'est-ce qu'on va se chauffer ! - Il n'y a qu'un petit problème : ton énergie est partie aux alouettes avec les gaz chauds et la chaleur perdue par les murs momentanément réchauffés.

 

- Et pourquoi donc ? - Parce que la chaleur se transmet toujours d'un corps chaud à un corps froid et tend donc à s'égaliser ... une fois que tout est bêtement tiède, on dit que l'entropie est maximum et on ne peut plus rien faire de notre système. - On peut au moins se réchauffer les mains. - Sauf qu'en hiver, il ne reste que du tiède pas très chaud.

 

- Autrement dit, tout tendrait à s'égaliser : tiède même pas confortable, plat, grisâtre ... Mais la vie ? Le progrès ? - La vie et le progrès sont des "niches" minuscules au milieu de l'entropie ... on va en parler. » A chaque jour suffit sa peine, nous nous séparons.

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

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Mardi 20 mai 2008

«  ... Rappelons que la machine automatique... représente l'équivalent économique précis du travail d'esclave. Tout travail qui fait concurrence au travail d'esclave doit accepter les conditions économiques du travail d'esclave. Il est évident que ceci produira un chômage en comparaison duquel les difficultés actuelles et même la crise économique de 1930-1936 paraîtront une bonne plaisanterie. Cette crise ruinera beaucoup d'industries - peut-être même celles qui auront profité des potentialités nouvelles ... »

Ces lignes ont été écrites en 1954, traduction française en 1962 (Cybernétique et Société, éditions 10/18, page 202), par Norbert Wiener ... et on ne pensait pas encore à l'époque aux pays émergents.

Wiener (1894-1964) était un mathématicien et automaticien américain inventeur (entre bien d'autres choses) du mot cybernétique.

Que nos politiciens et économistes ne lisent-t-ils pas les bons livres au bon moment !

  
                                                                 BLACKSHEEP !

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Mardi 20 mai 2008

DDR arrive intrigué : « On va construire une locomotive ? - Presque : je reprends un article paru dans l'Illustration le 25 avril 1914, c'est déjà presque de l'écologie. - Va tout de suite à la conclusion. - Eh bien, pour construire une locomotive à vapeur de 48 tonnes, il faut 196 tonnes de matériaux : quatre fois plus.

 

 - Et on obtient ? - 48 tonnes de locomotive, 24 tonnes de résidus utilisables, 24 tonnes de déchets inutilisables, et 100 tonnes de "pertes au feu" et de fumées. - C'est quoi, les pertes au feu ? - Vraisemblablement une manière de désigner les gaz de combustion. - Ça fait bien 196 tonnes : rien ne se perd, rien ne se crée. - Le problème, c'est qu'il n'est pas question de récupérer les gaz, ni les déchets, donc 124 tonnes.

 

 -Je sens que tu vas me parler d'entropie. - Oui : on a mis en ordre 48 tonnes de matériaux pour faire une locomotive, on a gaspillé 124 tonnes de matière et on devra encore dépenser de l'énergie et du travail humain pour recycler les 24 tonnes récupérables - Donc, on a fait 148 tonnes de désordre, donc d'entropie. - C'est une manière de parler car l'entropie ne se mesure pas en tonnes ; on sera plus précis demain.

 

 - Et 100 tonnes de gaz et de fumées, ça fait combien de mètres cubes ? - Si je prends du gaz carbonique à 2 grammes par litre et si je ne me suis pas mélangé dans les zéros comme d'habitude, ça devrait faire 50 000 mètres cubes. - Soit un nuage de 500 mètres de long et de 10 mètres au carré - Beau panache ! Mais il y a pire que cela : on part, dans notre calcul, de 20 tonnes de fonte et de 40 tonnes d'acier.

 

 - Qui représentent combien de minerai ? - Pour une teneur pauvre comme les minerais français, mettons 33%, on arrive à 180 tonnes. - Qui seront fondues au haut-fourneau au moyen de 60 tonnes de coke. - Chaque tonne de coke va utiliser 3 000 mètres cubes d'air et générer 4 000 mètres cubes de gaz ; allons-y pour 240 000 mètres cubes de gaz.

 

 - Que tu peux doubler à l'aise pour tenir compte de l'extraction et de la préparation du minerai et des opérations d'affinage de l'acier. - Soit au total un panache de 5 kilomètres par 10 mètres au carré ... ça commence à faire ! - Et la locomotive va encore fumer pendant toute son utilisation. - Ce n'est pas une très grosse locomotive, mettons 10 kg de charbon au kilomètre pour un million de kilomètres, soit 10 000 tonnes.

 

 - Donc 40 millions de mètres cubes de gaz ... Oh là là ! - Sans oublier pas mal de soufre dans le mauvais charbon. - On avoisine les 80 000 tonnes de désordre. - Tout en rappelant que l'entropie ne se mesure pas en tonnes, mais l'impression n'est pas fausse. - Et il n'y a rien à récupérer là-dedans ? - Il y a des recherches pour piéger le gaz carbonique en sous-sol au moment de sa génération dans des installations fixes, mais j'ai des doutes ... ». Et nous nous nous quittons encore sur des interrogations.

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

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Lundi 19 mai 2008

«  ... une vérité nouvelle en science n'arrive jamais à triompher en convainquant les adversaires et en les amenant à voir la lumière, mais plutôt parce que finalement ces adversaires meurent et qu'une nouvelle génération grandit à qui cette vérité est familière ... » Max Planck, Autobiographie scientifique - Albin Michel, 1960, page 85.

 

La France est sans doute le pays d'Europe où les dirigeants et élites durent le plus longtemps ; comme, en vieillissant, ils renouvellent peu leurs idées, les progrès n'arrivent pas vite. Au fond, Staline avait un peu les mêmes idées que Max  Planck mais les mettait en œuvre plus brutalement.

 

Il faisait assassiner périodiquement ses élites civiles et militaires, ce qui régénérait à chaque fois les idées et économisait des retraites. Khrouchtchev et Brejnev étaient beaucoup plus laxistes, ce qui a certainement entraîné la chute du régime soviétique qui, comme le nôtre maintenant, était calcifié par trop d'élites trop figées dans leurs certitudes.

 

                                                                  BLACKSHEEP !

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