Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 19:00

«  ... Dans la théorie darwinienne, la lutte pour l'existence et l'élimination des faibles n'étaient pas dépensées en vain. Loin d'être inutiles, ces maux étaient le gage d'une sélection et d'une évolution des espèces vers une plus grande complexité et une plus grande perfection.

...

D'une façon analogue, Marx considérait la lutte des classes et la violence comme le moteur de l'Histoire. Par leur moyen, assurait-il, on s'achemine vers la société sans classes

...

Cette même dialectique du mal et du bien se retrouve dans la théorie économique libérale, qui postule que l'arithmétique des égoïsmes conduit automatiquement à l'allocation optimale des ressources et à la prospérité générale. Malgré leurs divergences, notons-le au passage, les marxistes et les libéraux partageaient donc la conviction que l'aspect négatif des affaires humaines détient la clé du progrès.

...

Le marxisme et le libéralisme formaient deux branches issues d'une même souche providentialiste ... »

 

Peut-on encore croire au progrès - Dominique Bourg, Jean-Michel Besnier - contribution de Michel Lacroix - Puf, 2000, page 57.

 

Mécréant intégriste mais pas vraiment prosélyte, je n'aurais pas osé publier pareille opinion si je n'avais pas eu la caution de plusieurs scientifiques ... pourtant, j'ai toujours pensé que les idéologies marxiste, socialiste et libérale étaient tout simplement des religions.

 

                                                                       BLACKSHEEP !

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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 18:46

DDR arrive étonné : « - Je crois que tu viens d'écrire un gros mot. - Je sais bien que je suis ringard : à notre époque il n'y a plus d'exigence et c'est chacun pour soi et ramasse tout le fric que tu peux ... - Exactement comme en DDR il y a trente ans : on ne ramassait pas alors le fric, mais les bonnes places dans le parti - Ce qui, compte tenu des avantages qui s'y attachaient, revenait au même. - Les Français sont toujours les meilleurs : non seulement ils ramassent le fric, mais les bonnes places dans le parti, ce qui ramène encore du fric.

 

 - Tu veux sans doute faire allusion aux socialistes ralliés au parti majoritaire ? - Ou à ceux qui sont gardés au chaud avec des jobs bien payés et pas trop exigeants dans de grandes entreprises proches du pouvoir. - Alors, l'exigence n'existe plus, je parle dans le vide ? - Si ça te console d'en parler ... mais tu ne trouveras des exemples que dans le passé. - Tu vois, lorsque j'ai présenté mon permis, l'examinateur m'a dit : « Règle numéro un : on ne cogne pas, même pour une petite touchette ». - Ca ne nous rajeunit pas !

 

 - J'ai aussi fait des formations, avec application en atelier, en qualité totale et zéro défaut. - Ça, c'est comme dans l'ancienne DDR : incompréhensible en France ... du moment que ça roule suffisamment pour quitter l'usine et que la majorité des pièces y sont, la bagnole est OK. - Là, tu es injuste avec nos constructeurs automobiles français ! - Ils n'ont fait que se rapprocher du niveau de qualité des Japonais ; c'est à peu près le seul résultat positif de la mondialisation. - Mais qu'est-ce qui a fait la réussite des Japonais ?

 

 - Tu penses bien qu'à la Stasi, ça nous intéressait et que je les ai pas mal espionnés ... Hé bien, tout simplement l'exigence qui s'appliquait autant aux chefs qu'aux indiens. - Mais ils devaient pourtant faire aussi des défauts. - Oui, mais avec leur politique commerciale et d'après-vente sans concession, si j'ose dire, envers les concessionnaires, ils rattrapaient discrètement les loupés et le client avait l'impression d'avoir acquis une voiture parfaite. - Je me demande pourquoi ça va si mal en France. - C'est comme à la fin des années trente : il y a confusion entre le politique et le monde économique. - Explique-moi ça !

 

 -  Dans les années trente, les ingénieurs et chefs de grandes entreprises ont voulu faire la politique du pays ; ça s'est appelé les synarques ou X-Crise. - Je vois : aujourd'hui, les grandes entreprises comme EADS, Areva ou Suez sont dirigées par d'anciens hauts fonctionnaires.  - Tu as tout compris : c'est le politique qui envahit l'économie mais ce n'est pas nouveau en France et tu oublies les banquiers. - C'est la même chose mais à l'envers avec le même résultat. - Les ingénieurs d'avant-guerre se croyaient infaillibles et ont multiplié les erreurs politiques. - C'est comme en ex URSS où le patron de Tchernobyl à l'origine de la catastrophe était un politique ... chez nous, aujourd'hui, les hauts fonctionnaires apportent aux entreprises leur culture de l'irresponsabilité, de l'impunité et de l'inamovibilité ... ». Sur ces considérations euphoriques, il est temps de se quitter.

 

 * L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                                 SCHWARZER STIER !

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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /Juil /2008 09:35

« Le tigre n'a pas d'odeur, le tigre ne fait pas de bruit, mais on sait que le tigre est là. Quelque chose s'installe dans l'ombre et c'est le tigre qui vous attend ! »

 

Rudyard Kipling, le livre de la jungle ; cité par Pierre Clostermann (Le Grand Cirque 2000 - Flammarion, 2001, page 367) pour illustrer le jour où il s'est fait descendre par un chasseur allemand après avoir hurlé à ses coéquipiers « celui-là, laissez-le moi, c'est du gâteau ! » ...

 

Je n'ai rien écrit depuis le 29 juin : je suis resté bloqué sur un DDR dont le titre est « compétence et exigence » car je sentais que je n'étais pas dans le coup de notre époque. Une impression, une intuition de danger me prenait sans que j'arrive à savoir « où est le tigre » ...

 

Le tigre représente les périls que court notre société actuelle et il est inutile d'en parler tant qu'on ne les a pas identifiés. J'en ai trouvé un ce matin en entendant Anne Lauvergeon, ancienne petite main de Mitterrand et patronne du nucléaire français, déclarer : « le zéro défaut n'existe pas » ... elle n'a cependant pas osé prononcer le mot « fatalité ».

 

Ce type de déclaration, venant après quelques pépins du nucléaire et alors que des entreprises privées lorgnent sur ce qu'ils croient être le pactole, est un véritable crime : pour s'exonérer de sa responsabilité (j'ai toujours considéré lorsque j'étais à la tête d'une structure que le chef est responsable quelles que soient les circonstances), elle semble tolérer les fautes de ses subordonnés même si elle en a viré un, qui n'avait peut-être obéi qu'aux ordres ou aux mauvaises habitudes, pour l'exemple.

 

Nos grandes entreprises sont dirigées par des héritiers nés dans la facilité ou des hauts fonctionnaires qui ont appris l'irresponsabilité et l'inamovibilité dans les milieux politiques de droite ou de gauche ... là est un dangereux tigre (il y en a d'autres) et il n'est pas étonnant que le commerce extérieur soit déficitaire et l'industrie un peu anémique.

 

Venant après les déclarations réitérées du baron « riscophile » du MEDEF : « le risque zéro n'existe pas », cela enfonce dangereusement le clou. Il est à noter que ce dernier, qui se faisait passer pour un industriel, n'était qu'un haut fonctionnaire idéologue et dogmatique, condisciple de Jospin à l'ENA ... heureusement, on ne l'entend plus guère.

 

La vérité est que le risque zéro (comme le zéro défaut) coûte cher en moyens et en vigilance et, comme tous ces gens là ne sont intéressés que par leurs tableaux de bord et leurs cours de Bourse, le fric ramassé prime celui consacré à un fonctionnement raisonnablement sûr de leurs boutiques. Je n'ai pas d'opinion dogmatique sur le nucléaire mais, ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un machin à emmerdements et qu'il sera difficile de faire 15% de bénéfice avec cette industrie, sauf à nationaliser les pertes et les pépins.

 

                                                                    LA VACHE !

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 16:56

« ... oubliant les sirènes déflationnistes brandies contre l'Etat dilapidateur, il* prétendit en janvier 1939 corriger les "erreurs françaises sur l'expérience économique allemande", c'est-à-dire "la politique de Schacht**" fondée sur "une expansion délibérée du crédit [...] sinon orthodoxe, du moins parfaitement calculée". "Les points faibles du système allemand" occupaient une page sur huit ; le reste exaltait l'écrasement du salaire. "Des précautions à la fois les plus minutieuses et les plus énergiques ont été prises pour que cette politique, évidemment audacieuse, reste néanmoins pratique et efficace et surtout évite de conduire à une inflation monétaire incontrôlable", telles : "Une politique draconienne de stabilité des prix dont les pièces maîtresses sont non seulement un contrôle policier d'ailleurs rigoureux, mais la stabilité complète des salaires horaires et la compression systématique du 'pouvoir d'achat' des biens de consommation" ... ».

 

Annie Lacroix-Riz - Le choix de la défaite - Armand Colin, 2006, page 467.

 

* Roger Auboin, secrétaire général à l'économie sous le cabinet Chautemps (1937-1938),  directeur de la Banque des règlements internationaux de1938  à 1955.

 

** Hjalmar Schacht (1877-1970), financier de Hitler jusqu'en 1937, directeur de la Reichbank jusqu'en 1940, puis en désaccord et ensuite déporté.

 

Les livres les plus faciles à lire ne sont pas forcément les plus intéressants ; cette citation de Annie Lacroix-Riz n'est pas des plus aisées à déchiffrer, sauf si on se réfère à notre situation actuelle, corrigée du fait que Jean-Claude Trichet n'a pas encore fait appel à la police pour empêcher l'augmentation des salaires (les banquiers lui suffisent pour l'instant), et recommander le « travailler plus pour gagner plus », car vous aurez remarqué qu'il est question de salaires horaires.

 

Cette historienne est une stalinienne pure et dure, ce qui lui vaut d'être controversée, voire ostracisée par nos historiens, économistes et médiacrates fluidifiés par les ultra-libéraux, mais c'est aussi une experte des archives (déclassifiées en 2005, elle a bossé vite) et l'appareil critique de 100 pages qu'elle fournit dans son livre est sans appel.

 

                                                                      BLACKSHEEP !

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 16:46

DDR arrive les sourcils froncés : « - Motivation ! Motivation ! Coup de pied au cul, oui ! - On voit bien le Prussien mâtiné de stalinisme que tu es. - Désolé, mais cela fait près d'un siècle que nous ne connaissons que des situations d'urgence. - D'accord pour les situations d'urgence mais il est préférable de s'y préparer et entraîner plutôt que distribuer des coups de pied au cul au dernier moment. - En fait, la motivation en France, actuellement, c'est le fric.  

 

- Comme frénétiquement dans toute l'Europe, mais le fric n'est pas affaire de compétences au sens où je l'entends, plutôt de la pratique de l'exploitation des autres. - Et je suppose que tu n'as pas ce dernier type d'entraînement en magasin. - Tu as compris, restons-en aux compétences utiles à la société. - Tu es vraiment ringard ! - Ce n'est pas à mon âge qu'on me changera ; on devait parler des motivations. - Allons-y ! - La motivation est en balance avec les craintes. - Quelles craintes ? - Du danger, du changement, de l'inconnu, de l'effort, de la difficulté, de la solitude : ce n'est pas ce qui manque.

 

 - Et les motivations ? - Elles obéissent à la pyramide de Maslow : celui qui a le moins souhaite tout simplement bouffer et dormir sous un toit. - Et celui qui a tout cela peut se permettre de rêver. - Rêver à sa position dans la société, à son "accomplissement". - C'est-à-dire ? - Utiliser toutes les compétences qu'il se sent capable d'acquérir et d'exercer. - Je ne vois pas cela dans la société autour de nous. - C'est qu'elle est organisée pour abrutir les citoyens ! - Tiens, c'est nouveau, ça !

 

 - Pas tellement, l'asservissement des masses à une minorité est aussi ancien que la préhistoire. - Je ne vois pas. - Pourtant, tu as une bonne expérience du marxisme soviétique.  - Ce n'était pas pire que votre ultra libéralisme ! - Je t'accorde que c'est du même niveau. - Je vois mieux : répétition, dirigeants et élites pratiquant la pensée unique du moment traduite en langue de bois, et j'en passe ! - Sans oublier les moyens de masse, journaux, puis radio, puis télévision. - Mais tout cela devrait motiver ! - Oui, au conformisme passif, au troupeau, à l'avalanche d'informations convergentes.

 

 - Pourtant, les enfants sont curieux, créatifs, ils rêvent beaucoup. - Je t'accorde que le rêve est source de motivation, mais même les enfants sont gavés de loisirs et de télévision : ils ne s'ennuient plus, donc ils ne rêvent plus. - Sauf de faire plus tard un boulot bien payé et pas fatigant. - Vigile ou banquier : tu vois qu'on est d'accord ! - Qu'est-ce que ça veut dire, cette baisse du moral des ménages qui sévit en France ? - Que nos élites sont parvenues à convaincre les citoyens que leur sort était inéluctable, qu'ils ne pouvaient plus agir sur leur avenir.

 

 - J'ai vu que tu avais préparé une citation sur "Le choix de la défaite". - Oui, sur la trahison des élites. - Elle n'est ni facile à lire, ni réjouissante. - C'est l'illustration de la difficulté d'acquérir des compétences ... ». Et nous allons lire chacun dans son coin.

 

 * L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                           SCHWARZER STIER !

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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 19:01

Je produis peu en ce moment, c'est que je ne sais pas agir, donc écrire, sans réfléchir ; si j'en étais capable (d'agir sans réfléchir), je serais au moins Ministre, voir Président de la République si mon cas était grave. De plus, lorsque j'ai une préoccupation importante, elle occulte les autres.

 

Donc, je lis beaucoup et je réfléchis vaillamment à l'actualité du moment, en tentant de conserver mon humour car, comme disent les Autrichiens, la situation est désespérée mais nullement sérieuse. Mes deux objets de préoccupation sont le réchauffement climatique et les énergies fossiles.

 

On lit énormément de choses contradictoires, ce qui n'est pas grave, mais surtout péremptoires, ce qui est plus agaçant ; pour m'y retrouver, je vais revenir à mes études en mathématiques et tenter de poser des hypothèses :

 

1 : tout cela est bidon et seulement destiné à vendre du papier et à permettre à des spéculateurs de s'enrichir

2 : le réchauffement climatique est la question la plus importante et il ne faut même pas consommer ce qui reste de pétrole, gaz et charbon ; c'est la thèse de Henri Prévot dans son livre, signalé par un lecteur de ce blog

3 : la raréfaction des énergies fossiles est le phénomène le plus préoccupant ; c'est le thème à la mode bien mis en valeur par les prix du baril

4 : 2 et 3 sont vrais et cruciaux en même temps.

 

On peut en déduire plusieurs possibilités de conséquences :

 

a : c'est bidon et rien ne va changer, si ce n'est que les inégalités vont augmenter encore un peu plus ; ça apprendra aux pauvres à avoir, comme moi, seulement travaillé honnêtement toute leur vie au lieu d'exploiter les autres : quand on est bête, c'est pour la vie

b : 2 ou 3 sont vrais, ou les deux, et les ressources du capitalisme sont telles que l'on va assister à une nouvelle révolution industrielle qui ne se fera pas sans heurts, mais qui sauvera nos civilisations

c : 2 est le plus crucial et nos experts et élites ne font rien d'autre que de multiplier les belles paroles et continuer leurs réunions internationales polluantes et coûteuses afin de draguer les belles interprètes exotiques et d'essayer de nouveaux Eros Centers ... après eux le déluge

d : 3 est le plus crucial, les économies et la technologie, voire la décroissance selon Nicholas Georgescu-Roegen, vont permettre de s'en tirer

e : on va vraiment au casse-pipes car le capitalisme n'a plus de ressources intellectuelles.

 

Je suis prudent, voire pessimiste, de nature, c'est sans doute pourquoi je ne suis pas devenu milliardaire : je penche pour l'hypothèse 4 et la prédiction e ... mais vous avez le droit d'être plus optimiste que moi !

 

                                                                   LA VACHE !

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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 17:42

«  ... Décidément nous vivons à plein dans l'ère du maquillage... se lamente El Pais à Madrid... partout l'on emploie des euphémismes, des images pour éviter de dire la réalité... et la réalité en espagnol, écrit El Pais... ça se dit... crise profonde... crise de légitimité.

D'où cette conclusion du New York Times :
Les Européens n'ont cessé de nous interroger sur la raison pour laquelle l'Amérique avait pu élire par deux fois un homme aussi idiot que Georges W Bush... il serait temps qu'ils tournent leurs question vers eux-mêmes... et qu'ils s'interrogent vraiment sur ce qui fait l'Europe et ce qu'ils veulent en faire au lieu de prétendre que c'est une entité politique ! ... ».

Cécile de Kervasdoué - Revue de presse internationale - France Culture, 20/06/08, 7H 35.

 

J'oubliais dans mes sources de Zeitgeist du DDR « compétences et information » cette chronique concise et intéressante qui présente l'avantage de pouvoir être écoutée, réécoutée et lue sur le site de France Culture et qui est même longuement conservée en archives, permettant ainsi de se reporter en arrière, ce qui peut être amusant.

 

Cécile de Kervasdoué fait parfois quelques fautes d'orthographe, ce qu'on lui pardonnera car elle doit se lever à trois heures du matin et prendre sa douche le bol de café à la main afin d'ingurgiter à temps tous ces journaux écrits dans des langues étranges et de taper vite fait son billet ... à part cette petite critique, ce qu'elle résume est toujours éclairant et permet à l'auditeur / lecteur de gagner du temps et de se reporter éventuellement aux sites des originaux cités.

 

                                                                 BLACKSHEEP !

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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 17:28

DDR accourt tout guilleret : « - Eduquons, éduquons, comme la lune ! - Fais attention à ce que tu dis, j'ai des enseignants dans ma famille. - Tu reconnaîtras que l'enseignement est le sujet sur lequel les ministres et les médias racontent le plus de conneries. - Les 35 heures, ce n'est pas mal non plus. - Oui, mais ça ne dure pas depuis plus d'un siècle ! - Bon, il ne faut déjà pas confondre éducation et enseignement.

 

 - Où est la différence ? - L'éducation vise la transmission de comportements en provenance du milieu social et l'enseignement est un cursus plus organisé destiné, précisément, à apporter des compétences précises. - Faisons tout de suite une croix sur l'éducation car le milieu social n'est plus constitué que de télé et de loisirs de masse. - C'est pourquoi, comme l'enseignement comporte une part de socialisation, les gouvernements tendent à reporter toute l'éducation sur l'enseignement.

 

 - Pour y voir clair, il faudrait parler d'un ministère de l'enseignement national. - Commençons par dire que l'enseignement a deux facettes complémentaires. - Théorie et pratique ! - Ou connaissances et compétences, on en a déjà parlé. - Les connaissances relèvent de la méthode de travail : tout dépend si l'on veut que la personne formée sache "par cœur" ou soit seulement capable de retrouver la formule dans un document. - Et de combiner les formules, et en général les connaissances. - Et d'en déduire des idées nouvelles ? - Là, il ne faut pas trop rêver, au moins au début d'une formation.

 

 - Revenons au "par cœur", qui relève déjà de l'entraînement, donc de la répétition par des exercices gradués jusqu'à obtenir une compétence certaine, et non une certaine compétence ... - Pour ne pas trop encombrer l'enseignement, il faut à chaque fois se poser la question du muß : ce qui est absolument nécessaire pour agir. - Du soll, ce qui permet de comprendre pourquoi on fait comme cela. - Et du kann, tout ce qu'on peut dire autour du sujet pour ceux que cela intéresse. - On en a déjà parlé, mais que penses-tu de la querelle entre les méthodes analytiques et globales ?

 

 - Les méthodes analytiques, ou encore décomposées, ou syllabiques pour la lecture, sont nécessaires pour "démarrer" ceux qui n'ont encore eu aucun contact avec la compétences recherchées. - Et les méthodes globales pour avancer. - Un bon instructeur d'aviation est obligé de pratiquer une méthode analytique, mais fait du global de temps en temps pour "tâter" les acquisitions de l'élève pilote. - C'est ce que font la plupart des enseignants de CP pour la lecture.

 

 - Pour le pilotage, on pourrait pratiquer la méthode globale avec les jeunes qui débutent à 16 ans et ont toutes leurs capacités "sensitives". - S'ils sont motivés. - Il doit en être de même pour la lecture. - Je crois que toute autre considération est du blabla de ministre ! ». On parlera des motivations demain, et en attendant on se sépare.

 

 * L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                       SCHWARZER STIER !

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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:15

« ... Tout ce que je sais sur la duperie, toute mon attention critique ne me sont, à un moment donné, d'aucun secours. A chaque instant, le mensonge imprimé peut me terrasser, s'il m'environne de toutes parts et si, dans mon entourage, de moins en moins de gens y résistent en lui opposant le doute.

 

Non, la malédiction du superlatif n'est pas une chose aussi simple que la logique se l'imagine. Bien sûr, les fanfaronnades et les contre-vérités se suivent et se ressemblent, elles sont reconnues comme telles et, pour plus d'un, la propagande de Goebbels est devenue une bêtise inefficace. Mais ce qui est tout aussi sûr, c'est que, même reconnue comme fanfaronnade et mensonge, la propagande n'en agit pas moins, pourvu qu'on ait le front de la propager sans état d'âme ... ».

 

Victor Klemperer - LTI, la langue du IIIème Reich - Pocket, 1996, page 289.

 

Cette citation s'accorde bien avec le DDR qui précède ... bien sûr, il n'y a plus de Goebbels, mais la presse écrite, en particulier l'organe officiel du régime, Le Figaro (mais aussi les journaux prétendus de gauche), fonctionne toujours par répétitions et superlatifs ... et encore, le recueil de bluettes de la Carlette n'est pas encore sorti ... vous allez voir les dithyrambes ... 

 

Je ne suis pas capable de parler de la télévision car je ne regarde que la télévision allemande depuis plusieurs années, mais vous devez bien avoir votre petite idée. A propos, je paie quand même la redevance : c'est un peu comme si le curé de mon quartier faisait payer au mécréant que je suis le denier du culte parce que je peux, lorsque le vent porte, entendre ses cloches.

 

                                                              BLACKSHEEP !

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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 14:27

DDR apparaît, un peu nostalgique : « - Ça me rappelle l'époque où j'avais une bonne copine au Neuesdeutschlandpropagandastaffel de Berlin Est. - C'est un peu comme chez nous, où toutes les journalistes sont maquées avec des hommes politiques. - Bah, pour celles qui ne sont pas dégoûtées de la chose avec des vieux et des mal foutus, c'est une forme de promotion au mérite. - Il y en a au moins une qui est à la colle avec un sportif. - Tu parles, elle aura vite compris et ne va pas tarder à changer sa nuisette d'épaule.

 

- En tout cas, c'est commode pour la diffusion de l'information : briefing pendant que la nana renfile son soutif : "Tu n'oublies pas de dire au 20 heures que je suis le meilleur - Bien sûr, mon chéri, après une pareille nuit ...". - Bon, si on devenait sérieux ! - On n'a pas parlé des journalistes mâles. - Avec eux, c'est simple : ils sont caviarotropes, un petit coup de Dom PérignonTM pour faire passer, et la conférence de rédaction est prête.

 

 - Bon, maintenant qu'on a parlé de l'élaboration de l'information, on peut envisager son utilisation. - Comme je te connais, tu dois avoir un classement. - Bien sûr, il faut déjà repérer les véritables informations. - Dont tu vas nous donner la définition. - Il s'agit de connaissances concrètes et vérifiées, voire recoupées, que l'on ne possédait pas auparavant. - Et tu en trouves ? - Un coup d'œil le matin sur Les Echos, La Tribune et Le Temps, j'ouvre un ou deux articles dans chacun et je sais l'essentiel de l'air ... du temps.

 

 - Tu veux dire le Zeitgeist. - L'esprit du temps, si tu veux, celui que Goethe définissait comme "l'esprit des sommités en qui les temps se reflètent". - Y a-t-il encore des sommités, de notre temps ? - Il y en a au moins qui croient en être ... - Mais ... je croyais que tu étais de gauche ... ce n'est pas le cas des trois journaux que tu m'as cités. - Ils présentent au moins l'intérêt d'être documentés et précis.

 

 - Tu supportes les articles d'opinion de ces publications ? - Il y en a qui m'agacent, mais il faut bien connaître "l'esprit des sommités", pour savoir à quelle sauce on va être mangés. - Et comment définis-tu les journaux de gauche ? - Comme des journaux de droite qui se dissimulent derrière des informations imprécises ou bidonnées. - Et le reste de ton classement ? - Ça se partage entre blablabla, bourrage de crâne et monument de connerie. - Je vois, je ne te demande pas un dessin. - C'est seulement une gradation dans les quantités, le radotage et les superlatifs.

 

 - On a presque fini notre billet, tu as d'autres choses à dire ? - Oui, qu'il faut recouper et vérifier les chiffres, c'est l'intérêt de jeter un coup d'œil sur deux journaux économiques. - Et c'est l'avantage d'Internet. - Attention, j'ai vu il y a quelques jours sur un site Internet qu'un A 380 consomme trois litres de kérosène au kilomètre par passager. - Ben, ça consomme ! - Recoupements et calculs faits, c'est aux cent kilomètres ... - Je vois, il faut en plus réfléchir. - Et se dire qu'il s'agit d'un chiffre théorique pour un avion rempli à 100%, hors roulage, décollage et montée. » Et il est parti réfléchir ailleurs.

 

* L'auteur ne peut être tenu responsable des révélations contenues dans ce billet, il ne fait que rapporter fidèlement les propos de DDR, le petit diablotin domestique rapporteur.

  

                                                            SCHWARZER STIER !

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